[Critique] Exhuma (2024)

Résumé : Le processus d’exhumation d’une tombe cache de terribles secrets enfouis dans la terre.

Critique :

Après avoir connu un succès monstre dans son pays natal, la Corée du Sud, Exhuma arrive dans les foyers au Canada, À la suite d’un bref passage limité en salles. Le film, réalisé avec une maîtrise incontestable, nous plonge dans un univers où l’horreur ne repose pas sur les clichés habituels, mais sur une terreur insidieuse et omniprésente.

Une riche famille coréenne habitant en Amérique est confrontée à des forces surnaturelles causant des ravages dans leur foyer. Deux chamanes sont engagés par la famille pour découvrir la force obscure possédant les membres de leur famille depuis des décennies. Avec l’aide d’un géomancien et de son assistant, ils couvriront une puissance enfouie dans les terres de leur pays natal.

Exhuma est une œuvre cinématographique qui transcende les limites du genre de l’horreur en offrant une expérience profondément atmosphérique et culturelle. Le scénario de Exhuma est à la fois innovant et captivant, en exploitant le folklore coréen. On y suit une équipe spécialisée dans une sorte d’exorcisme particulier : ils délivrent des cadavres dont les esprits tourmentés reviennent hanter leurs descendants pour d’étranges raisons. Ce concept unique explore les liens entre les vivants et les morts, et les conséquences des actions passées sur les générations futures; dans un certain sens.

Le film utilise avec intelligence la richesse des cultures coréenne et japonaise, ce qui lui donne une profondeur et une authenticité rares. Les traditions et les croyances ancestrales de ces cultures sont intégrées dans l’intrigue de manière naturelle et respectueuse, enrichissant ainsi le récit. Cela nous permet d’explorer une culture qui n’est pas traditionnellement exploitée par Hollywood. Heureusement le scénario garde le bon dosage. L’ensemble n’est pas très difficile à suivre et ne devient jamais trop exigeant. Cependant, à mi-chemin, Exhuma prend un certain virage à 180 degrés pour des raisons qui ne seront pas dévoilées dans ce texte. Cela donne presque l’impression que l’on a deux films devant les yeux. Ce n’est pas aussi dommageable que l’on peut penser, mais le scénario aurait mérité d’être travaillé avec plus de minutie.

Sinon, l’une des forces majeures du film est son horreur atmosphérique. Contrairement à de nombreux films d’horreur contemporains qui s’appuient lourdement sur des soubresauts et des effets sonores stridents, Exhuma crée une ambiance de terreur qui s’immisce lentement mais sûrement sous notre peau. Chaque scène est soigneusement construite pour instaurer un sentiment de malaise et de tension. La musique, les effets sonores subtils et l’éclairage jouent tous un rôle crucial dans cette atmosphère, transformant des moments apparemment banals en instants de pure angoisse. L’ensemble de Exhuma forme un crescendo jusqu’à un dernier acte qui nous tient sur le bout de notre siège.

En conclusion, Exhuma est un film d’horreur qui mérite une attention particulière pour son approche innovante et sa profondeur culturelle. Il est un rappel de la force du cinéma sud-coréen tout en offrant une perspective rafraîchissante et authentique sur le cinéma de possession. En misant sur une horreur subtile et une atmosphère oppressante, Exhuma se positionne comme étant une œuvre majeure de 2024, et se place comme étant possiblement l’un des meilleurs films de l’année.

[Critique] Exhuma (2024)
4.8

Résumé

L’une des meilleures expériences cinématographiques de 2024.

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