[Critique] Le Successeur (2024)

Résumé : Après avoir suscité de grandes attentes, le nouveau directeur artistique d’une maison de couture éprouve des difficultés respiratoires. Cependant, il découvre qu’il a peut-être hérité de bien pire que le cœur faible de son défunt père.

Critique :

C’est au beau milieu d’une froide soirée hivernale que Le Successeur débarquera dans les salles de cinéma québécois. Cette proposition est un hybride entre la Belgique, la France et le Québec. Une hybridation qui se ressent aussi au travers des genres qu’emprunte le film – à mi-chemin entre la comédie absurde et le thriller horrifique.

Un homme exilé en France depuis des années apprend lors d’une activité promotionnelle dans le cadre de son travail que son père est décédé. Pris de problèmes au cœur, il rentre au pays afin d’enterrer le défunt et de découvrir si les causes de la mort pourraient être liées à sa maladie. Cependant, il découvrira que l’héritage de son père est plus dangereux que prévu…

Le Successeur emprunte ce mélange des genres sans toutefois être drôle ou terrifiant. Il en découle à la place un certain malaise et un inconfort dès la séquence d’ouverture où nous sommes témoins d’une spirale de haute couture annonçant celle que vivra le héros du film. Un homme qui joue un jeu dans un pays qui n’est pas le sien, avec un accent atroce et un mal semblant le ronger de l’intérieur. Marc-André Grondin, son interprète, est phénoménal. Une grande partie de Le Successeur ne peut que fonctionner que grâce à lui et à l’espace qu’il occupe à l’écran.

Car, l’oeuvre souffre terriblement du point de vue scénaristique. Adaptation du roman L’ascendant, le film s’égare dans sa grande prévisibilité. Celle-ci est en partie causée par la stupidité relative du designer de mode face à un secret présent dans quelques succès des dernières années du cinéma d’épouvante américain. Au lieu de nous surprendre en prenant un virage brusque, nous assistons à plusieurs moments de contemplation devant un récit dont on devine rapidement la finalité. Et devant un personnage principal dont les réactions déçoivent, on doit se rabattre sur un ami de la famille un peu trop insistant et le personnel d’un salon funéraire pour mettre un peu de vie dans Le Successeur.

C’est dommage, surtout que sur le plan technique, la réalisation de Xavier Legrand est impeccable. Signant également le scénario du film, Legrand abuse de plans séquences et d’une caméra lente et anxieuse. Il donne à Le Successeur une atmosphère riche en inconfort et en tension. Parfois, on aurait espéré regarder quelque chose en arrière-plan. Mais il n’en est rien, préférant miser sur l’inconfort et le cerveau du spectateur, dont l’imagination déborde en visionnant l’oeuvre.

Le Successeur reste néanmoins une expérience cinématographique égale pour nous glacer le sang alors qu’on échappe le froid hivernal pour une centaine de minutes. Malgré quelques faiblesses qui l’empêchent d’être pleinement mémorable…

[Critique] Le Successeur (2024)
4

Résumé

Malgré un mystère peu mystérieux, Le Successeur impose le respect, ainsi que quelques frayeurs.

Envoi
User Review
0 (0 votes)

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *