[Critique] Squealer (2023)

Résumé : Lorsqu’un policier local et une travailleuse sociale zélée suivent des indices sur des cas de personnes disparues dans toute leur ville, des découvertes bouleversantes sont faites dans une ferme porcine, où le boucher a abattu bien plus que du bétail…

Critique :

Quelle est la raison d’être d’un film ? Certains sont faits pour générer des émotions. D’autres sont faits pour miser sur une marque à la Marvel. Et puis il y a quelques navets qui n’existent que pour être des vaches à lait, générant de l’argent avec du vide. Et puis, il y a Squealer, dont on cherche encore la raison…

Une femme est secourue par un couple en vacances et est apportée à  l’hôpital. Un médecin sur place contacte une travailleuse sociale se spécialisant dans la prostitution afin d’aider la victime. Avec l’assistance de son ancien amoureux, elle découvrira un vaste réseau de trafic de viande…

Squealer se positionne d’entrée de jeu à mi-chemin entre le thriller, l’horreur et le téléfilm de milieu d’après-midi. Cependant, il le fait sans pour autant comprendre les codes de ces genres. Écrit et réalisé par d’anciens cascadeurs de renom, l’œuvre se veut être un projet de passion, par des gens qui ne maîtrisent pas complètement les normes de ce qu’un long-métrage doit être.

L’histoire semble s’inspirer très librement du tueur en série canadien Robert Pickton. On suit la traque malhabile d’un individu qui assassine des femmes innocentes pour ensuite en faire des saucisses. Et ce, tant du point de vue du tueur que de la police. Cette prémisse aurait pu se diriger vers quelques endroits. Au lieu de choisir la terreur ou un polar policier, Squealer emprunte mille et un détours. On ne sait pas trop où l’on s’en va, et le film ne le sait pas non plus.

À certains moments on tombe dans l’absurdité et on assiste à ce pauvre Tyrese Gibson (la saga Fast and Furious) qui succombe à ces fameuses saucisses. Et parfois, on sent une envie de revendiquer. Squealer se transforme momentanément en une dénonciation du désintérêt de la force policière pour les travailleuses de rue. Cela ne fonctionne pas, mais on apprécie l’effort. Un même effort qui se retrouve dans la volonté de rendre le tueur aussi important dans le récit que les individus à sa poursuite. Squealer est à son meilleur quand l’homme tue des demoiselles et nourrit ses porcs, aussi étrange que cela puisse paraître.

Sinon, on a aussi l’impression que le réalisateur Andy Armstrong (cascadeur qui a plusieurs superproductions des quarante dernières années) tente de faire un snuff film. Sa caméra lorgne à plusieurs occasions sur la nudité et la poitrine de ses actrices, de façon gratuite et exploitative. Et Squealer n’hésite pas à être macabre et lugubre lorsque l’envie lui prend. Hélas, aucun meurtre n’est digne de mention, mis à part la séquence d’ouverture, qui est l’un des meilleurs moments du film.

Enfin, sauf quand le budget ne le permet pas. Squealer n’a aucun problème à faire saigner un homme avant de le découper en mille morceaux, mais il est incapable de salir les costumes des personnages. Ou de faire un sandwich avec plus de deux ingrédients, incluant le pain. L’œuvre est remplie de ces petites incohérences et de ces petits moments. C’est un long-métrage étrange et déconnecté de la réalité. Il y a un bon film dans Squealer, mais ce dernier ne semble pas le constater.

Possiblement le pire navet de l’automne 2023, Squealer est un peu long et un peu ennuyeux. Mais il faut le détour. Tant pour l’absurdité de sa prémisse, que celle de son exécution.

[Critique] Squealer (2023)
0.5

Résumé

Une demie étoile pour l’effort, mais pas pour l’exécution…

Envoi
User Review
0 (0 votes)

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *