[Critique] Vermines (2023)

Résumé : Les habitants d’un immeuble français délabré se battent contre une armée d’araignées mortelles qui se reproduisent rapidement.

Critique :

Connu sous le nom d’Infested au Canada, Vermines, film français de 2023, est récemment débarqué via la plateforme Shudder. Lors de sa sortie outre-mer, le long-métrage a connu un vive succès et plusieurs éloges, récoltant plusieurs prix et permettant à son réalisateur de débuter une carrière hollywoodienne. Il suffisait de le regarder pour savoir si tout cela était mérité ou si c’était que de la poudre aux yeux.

Quelque part au Maroc, une araignée se fait récolter par des braconniers qui l’expédient en France. Là-bas, un revendeur d’espadrilles se porte acquéreur de l’insecte. Mais, celui qui collectionne les bestioles est loin de se douter que ce qu’il ramène mettra en danger sa vie, celle de sa sœur, de ses amis et de tous les habitants de l’immeuble où il habite.

Et bien, Vermines offre une expérience cinématographique captivante qui marie habilement horreur et suspense. Situé dans un complexe de logements infesté par des araignées, le film suit l’évolution terrifiante de ces créatures qui se multiplient rapidement et grossissent à vue d’œil, dévorant les résidents au passage. Cependant, l’accent de l’œuvre demeure sur Kaleb et sur un groupe composé de sa sœur et de quelques amis. Nous suivons notre bande à la trace, qui fait se mieux pour tenter de contenir le problème et pour sauver les habitants de l’édifice.

Face à une force policière qui ne semble pas vouloir les aider, tout le dénouement de Vermines se repose sur ces cinq individus, isolés et en détresse. Tout le contexte du film est propice à une discussion sur les enjeux sociaux sans pour autant alourdir l’œuvre. Le film relativement court, pendant le temps de mettre ses pions en place et de lancer ses messages, avant de laisser toute la place aux bestioles et au groupe de Kaleb. Les performances des acteurs de ce gang sont intenses et authentiques, rendant les personnages attachants et leurs peurs palpables, tandis qu’ils naviguent dans les toiles du récit. Même chose pour les personnages secondaires, plus colorés les eux que les autres.

Cependant, la véritable vedette de Vermines se retrouve derrière la caméra. Dès les premières minutes au Maroc, le spectateur est immergé dans une atmosphère oppressante, brillamment rendue par la direction photographique. De retour en France, Sébastien Vanicek  nous plonge dans les couloirs sombres et étroits du complexe de logements, qui sont filmés avec une telle précision que chaque ombre et chaque recoin semblent abriter une menace potentielle. Les choix de cadrage et d’éclairage sont méticuleusement pensés pour créer un sentiment de claustrophobie et de terreur imminente, alors sur les toiles d’araignée qui polluent notre écran. Et c’est sans oublier la direction photographique dont les jeux de lumière accentuent les moments de tension, tout en apportant son lot de couleurs à un décor qui est relativement sombre et sinistre. Cette maîtrise de la photographie donne au film une esthétique unique, où chaque plan contribue à l’atmosphère générale de terreur.

Un autre aspect remarquable de Vermines est la conception des créatures. Les araignées, qui grossissent et deviennent de plus en plus menaçantes au fil du film, sont rendues avec un réalisme terrifiant. Les effets spéciaux sont utilisés avec parcimonie, mais efficacité, créant des scènes de chaos et de panique. L’œuvre réussit à maintenir une tension constante, alternant habilement entre des moments de calme relatif et des séquences de pure terreur, comme lors d’une séquence dans une salle de bain.

Face à cette œuvre claustrophobique et insectivore, nous ne pouvons que sortir satisfait de Vermines. Même si ses derniers instants laissent un peu à désirer, nous sommes emportés dans une montagne russe de frissons. Vermines est un rappel que le cinéma de genre peut aussi bien triompher outre-mer. C’est un film à visionner sans plus attendre.

[Critique] Vermines (2023)
4.8

Résumé

Un film qui deviendra possiblement un classique du cinéma français.

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