[Critique] You Can’t Run Forever (2024)

Résumé : Une adolescente souffrant d’anxiété due à un événement tragique de son passé se retrouve traquée à travers les bois par un sociopathe en quête d’un déchaînement meurtrier.

Critique :

Quelques fois, des artistes s’entêtent pour nous livrer des projets issus de leur passion intérieure, des projets qui carburent à la vanité et à l’orgueil. You Can’t Run Forever ce genre de film où la genèse de sa conception réside dans le fait que la famille de J.K. Simmons souhaitait faire un film tous ensemble, devant et derrière la caméra. Sans pour autant se demander si c’était une bonne idée…

Une jeune femme ayant des troubles d’anxiété part en voiture avec son beau-père afin d’aller récupérer un meuble pour son futur frère. Dans une salle de bain publique, elle croisera un homme mystérieux sans se douter qu’il s’agit d’un tueur en balade sur le point de partir à sa recherche…

You Can’t Run Forever est un long-métrage qui, malgré ses intentions louables, souffre de nombreuses lacunes, tant au niveau du budget que de la réalisation. Le film tente de s’imposer dans le genre du thriller avec une histoire classique de poursuite. Mais l’œuvre peine à dépasser les clichés et les faiblesses d’une production manifestement limitée, avec l’essentiel du long-métrage se résumant à un vieillard marchant dans les bois à la recherche d’une jeune femme.

Malheureusement, You Can’t Run Forever trébuche constamment sur les sentiers qu’il emprunte. L’introduction nous met l’eau à la bouche avec une tuerie dans une station-service, pour ensuite nous perdre immédiatement dans les drames de la famille dont est issue notre héroïne. Une héroïne qui adore grimper dans les arbres et qui dit non à la médication pour soigner des troubles psychologiques peu utiles au film, sauf pour une séquence sur les champignons hallucinogènes.

Le scénario est prévisible et peine à surprendre le spectateur. Il y a une limite à ce que puisse faire deux personnages dans le cadre cette chasse dans le bois. À l’occasion, You Can’t Run Forever nous sort des moments crus. Cela en devient presque salvateur, apportant une noirceur et un inconfort nécessaire au divertissement. Un charme qui disparaît dès que le film introduit un nouveau personnage plat et stéréotypé. Même la dynamique entre la protagoniste et l’antagoniste, qui devrait être le moteur du suspense, est mal exploitée et souffre d’un développement superficiel qui n’arrive que lors de la séquence finale.

Les deux personnages ne sont aucunement crédibles. Trop propres pour être dans le bois et trop stupides pour être crédibles dans le contexte de l’œuvre. Conscient de ce problème, You Can’t Run Forever s’arrête même à une vingtaine de minutes de la fin afin de faire de la place aux motivations personnelles du tueur. À ce point, il était trop tard pour développer ce tueur. Néanmoins, la présence de J.K. Simmons est sans doute la seule véritable raison de regarder You Can’t Run Forever. Son interprétation offre un aperçu de ce que le film aurait pu être avec un meilleur script et une réalisation plus soignée. Simmons parvient à élever le matériel qu’on lui donne, rendant parfois ses scènes mémorables malgré le contexte général du film.

You Can’t Run Forever est une déception sur de nombreux fronts. Une déception relativement alors que l’on n’attendait pas grand-chose de l’œuvre. La présence J.K. Simmons offre une brève lueur d’espoir et une raison de ne pas complètement écarter ce film. Même s’il s’agit probablement d’un film à oublier rapidement.

[Critique] You Can't Run Forever (2024)
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Résumé

Un navet avec quelques qualités, mais trop de défauts pour être plaisant à regarder.

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